vendredi , 20 octobre 2017
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L’impératif d’un coup de balai devant la très sale porte de Macky Sall

L’APS, l’agence officielle de presse de l’Etat du Sénégal vient de s’offrir en caisse de résonance, à quelques officines, visant à nuire  l’image de la Mauritanie. Ainsi, le très officiel organe étatique a tenu à publier sur son site un communiqué, qui a été repris par d’autres médias de la place et qui convoque pour un point de presse, jeudi 05 octobre, organisé par des milieux connus pour leur hostilité à la paix civile en Mauritanie. L’ordre du jour dont le contenu a été reproduit sans scrupule par l’APS, porte sur ce que ces milieux appellent   » une crise politique et sociale gravequi traverse la Mauritanie », en plus , insiste le communiqué   » des maux tels qu’esclavage, racisme, pauvreté ou illettrisme » et   » la corruption systématique qui gangrène le pays,  empêchant  tout développement social ».

Si l’agence officielle a été gracieusement payée pour faire la publicité d’un tel point de presse, elle aurait pu – réserve et bienséance diplomatiques obligent –  éviter de faire l’apologie de la politique de l’anathème et de dénigrement à laquelle aiment s’adonner certains  milieux connus pour leur hostilité à la Mauritanie. En reprenant, dans ce communiqué, une logomachie  propre à ces milieux, comme  »esclavage, racisme, pauvreté, illettrisme et corruption », l’organe de presse officiel engage, non seulement, la responsabilité manifeste du gouvernement sénégalais, mais  offre une bénédiction officielle à l’esprit de haine, dont les promoteurs ne cessent depuis quelque temps de faire de Dakar le refuge sûr pour produire les manigances et propager les mensonges visant à déstabiliser et ternir le voisin du nord. .

Mais, en Mauritanie, on n’a pas peur de cette logomachie et des  mots abjects qui la meublent. On n’a peur, ni de l’esclavage, ni du racisme, ni de la pauvreté, ni de l’illettrisme et encore moins de la corruption. C’est dire que l’ordre du jour de ce point de presse que le Sénégal abrite et promeut dans son médias officiel n’émeut personne en Mauritanie.

L’esclavage, c’est de l’histoire ancienne, très ancienne chez nous. Si des comptoirs de traites négrières, dans une époque improbable,  étaient installés, contre vents et marées, sur nos dunes mouvantes, aucune trace n’en demeure aujourd’hui. Il y a certes des séquelles, ici,  ailleurs, au Sénégal, aux Etats Unis d’Amérique et un peu partout sur notre planète.

Ici, en Mauritanie, il n’y a point de nouvelles séquelles qui sont nées subitement avec le régime en place. C’est une histoire qui remonte à très longtemps et qui nécessite des programmes sérieux, une prise en charge responsable, un humanisme authentique et désintéressé. Une question, en somme, qui requiert une approche aux antipodes de celle que promeut l’agence de presse sénégalaise, portée, ou soufflée, devrait-on dire, par des marchands de malheur, sous couvert de la pompeuse étiquette de droit de l’homme.

En Mauritanie, la question des séquelles a été prise très au sérieux par le pouvoir en place. Il suffit de ne pas être atteint de cécité ou d’hypocrisie volontaire pour apprécier les avancées remarquables qui ont été enregistrées, dans ce domaine, tant au niveau de l’arsenal juridique qu’au niveau matériel, à travers  l’action de proximité, entreprise par les pouvoirs publics, et  dont bénéficient  les milieux populaires où persistent les séquelles de l’esclavage. L’actuel président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, s’est attaqué, depuis son arrivée au pouvoir, aux principaux chantiers qui touchent les couches les plus défavorisées de la société. Avec dignité, il a engagé son gouvernement à orienter toute son action vers les pauvres. Il n’est jamais allé pleurnicher auprès des occidentaux afin de l’aider ou le soutenir par quelques sous qui n’arriveraient jamais à destination. Il n’a jamais versé des larmes de crocodile sur les épaules des femmes et des hommes de l’occident  »sensible »; ni  à Genève, ni à Paris, ni à Rome, ni à New York pour obtenir quelques eurodollars pour le compte de faux esclaves, qui finiraient dans des poches privées de  »serveurs-pleurnicheurs ».

Aussi, en Mauritanie, on ne vend pas le malheur, jamais le malheur, antique, soit-il, ou récent. On tient cela d’une tradition de noblesse bien antique, si bien ancrée dans notre conscience. On aurait bien pu, n’est-ce pas, concocter un montage historique et prétendre que les îles du Banc d’Arguin, sur nos côtes atlantique,  par exemple, auraient servi naguère de comptoirs, où nos ancêtres s’achemineraient et s’enchaineraient par les mains négrières de l’homme blanc et vendus, par la suite, dans l’ Occident conquérant. Un comptoir par-ci, un autre par-là, et des conservateurs, qui passeraient le temps d’une visite guidée à ressasser des oralités bien mises en musique, qu’ils serviraient aux oreilles attentives et attentionnées de quelques blancs venus d’ailleurs.

Non! En Mauritanie, nous sommes sérieux. Nous respectons les malheurs des personnes, quand bien même auraient-ils existés, ces malheurs, quand bien même auraient-elles existées, ces personnes.

Il faut dire qu’on s’est un peu habitué, depuis l’arrivée de Macky Sall au pouvoir au Sénégal, à une attention intéressée de ce dernier pour des hommes hostiles à la politique intransigeante de Nouakchott vis-à-vis des prévaricateurs de l’ancien régime en Mauritanie. La publication de ce  communiqué s’inscrirait, peut-être bien, dans cette veine. Mais on ne saurait ne pas s’arrêter sur l’évocation  d’illettrisme, reproduite textuellement par l’agence de Macky Sall, comme un mal mauritanien. C’est un peu dire que le peuple mauritanien serait  une société d’illettrés. Là, c’est un peu fort et c’est surtout osé d’associer la Mauritanie à l’illettrisme. Mais, il faut les comprendre, pauvres  sénégalais du règne de Macky Sall, qui assimilent toutes les lettres à celle de la langue française. C’est l’unique référence linguistique à laquelle, ils s’y identifieraient et espéreraient, à travers elle, dans leur quête intérieure effrénée, à s’assimiler aux colons français, qui leur firent un jour , pas si lointain que cela, découvrir l’alphabet latin, à une époque, où nos lointains aïeuls, nous, mauritaniens, se transmettaient déjà, générations après générations, depuis bien des siècles, les classiques de la plus belle des langues, langue du Saint Coran et des plus belles poésies du monde: l’Arabe.

Le média de Macky Sall parle aussi de corruption. C’est le comble du ridicule, quand on sait que depuis son arrivé au pouvoir, Macky Sall n’ a cessé de tremper dans des affaires aussi sales, les unes, les autres. Des cas avérés d’affairismes, qui ne feraient pas vraiment honneur au président sénégalais, font depuis quelque temps la Une des médias les plus en vue au Sénégal. Des frères, des membres du cercle familial immédiat de l’actuel président sénégalais sont triés, au vu et au su de toute l’opinion sénégalaise, pour occuper des plus postes des plus juteux de la République   » sallienne ».  Dans le domaine des droits humains et des principes démocratiques, Sall n’a, certes,  pas de leçon à donner à quiconque. Surtout pas au président mauritanien qui a aboli le délit de presse. Il est très mal placer pour évoquer de telles thématiques. Ou en tout cas, souhaiterait-il, en parler, un jour, autant s’éloigner de Dakar où dans ses prisons croupissent de véritables hommes politiques, dont le seul tort est qu’ils jouissent d’une respectabilité et une notoriété électorales avérées.

M’Barck Fall

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